Quand la motivation faiblit : apprendre à se traiter avec bienveillance

La motivation est un peu comme la météo : changeante, parfois prévisible, parfois non. Il arrive qu’on se sente porté par une énergie débordante, prêt à accomplir mille choses. Puis, sans prévenir, cet élan s’essouffle, et tout semble plus lourd, plus difficile. Ces fluctuations sont naturelles, mais beaucoup d’entre nous réagissent avec sévérité : autocritique, culpabilité, découragement. Et si, au lieu de se juger, on apprenait à se traiter avec bienveillance pendant ces périodes de creux ?

Comprendre la fluctuation de la motivation

On aime penser que la motivation est une ressource constante, une sorte de carburant qu’il suffirait d’alimenter. En réalité, elle est influencée par de multiples facteurs : notre état de santé, nos émotions, notre niveau de fatigue, les changements de saison, et même nos cycles hormonaux.

Attendre de soi une motivation infaillible revient à exiger d’un sportif de courir un marathon chaque jour, sans repos. C’est irréaliste. Reconnaître que la motivation suit des cycles est déjà un premier pas vers une relation plus apaisée avec soi-même.

Les pièges de l’autocritique

Quand la motivation baisse, beaucoup tombent dans un réflexe quasi automatique : se juger. Cette petite voix intérieure se fait entendre :

« Tu es paresseux. » « Tu n’y arriveras jamais. » « Tu n’as aucune discipline. »

Ces pensées, que l’on croit parfois « motivantes », produisent en réalité l’effet inverse. Elles nourrissent la culpabilité, diminuent l’estime de soi et renforcent la procrastination. On se retrouve alors dans un cercle vicieux : moins de motivation → plus de critiques → encore moins de motivation.

Prendre conscience de ce mécanisme est essentiel. Ce n’est pas parce que la motivation diminue que vous valez moins. C’est simplement un signal que votre esprit ou votre corps a besoin d’un ajustement.

La bienveillance comme levier

La bienveillance envers soi n’est pas de la complaisance. Il ne s’agit pas de renoncer à ses objectifs ni de se chercher des excuses, mais d’adopter une posture d’auto-compassion. Cela consiste à se parler comme on parlerait à un ami proche : avec soutien, encouragement et douceur.

Quelques pratiques concrètes :

Changer son discours intérieur : remplacer « Je suis nul, je n’avance pas » par « Aujourd’hui, j’ai besoin de repos, et c’est normal. Demain, je pourrai reprendre petit à petit. » Se féliciter des petits pas : même si vous n’avez accompli qu’une tâche minime, célébrez-la. C’est une preuve que vous avancez malgré tout. Accorder des pauses réparatrices : prendre un temps pour marcher, respirer, ou ne rien faire, ce n’est pas perdre du temps. C’est recharger ses batteries pour mieux repartir.

La bienveillance agit comme un socle : elle stabilise notre confiance en nous et nous empêche de sombrer dans l’autosabotage quand la motivation fléchit.

Retrouver l’élan sans pression

La question n’est donc pas « comment rester motivé en permanence », mais plutôt « comment traverser les baisses de motivation sans s’écrouler ». La réponse se trouve dans une approche progressive et réaliste.

Se concentrer sur une action minuscule : quand tout semble difficile, commencez par quelque chose de très simple. Par exemple, écrire une phrase si vous n’avez pas la force d’écrire une page. Ces petits gestes entretiennent le mouvement. Privilégier la régularité à l’intensité : mieux vaut avancer doucement mais régulièrement que de s’imposer des efforts colossaux qu’on ne pourra pas répéter. Accepter les cycles : comprendre qu’après une baisse viendra forcément un regain. La patience est une forme de confiance envers soi.

Ainsi, plutôt que de forcer, on apprend à travailler avec son énergie, pas contre elle.

Conclusion

Être bienveillant envers soi lorsque la motivation fluctue, c’est accepter son humanité. Ce n’est pas se résigner, mais se donner les moyens réels de continuer sur la durée. La motivation n’est pas une ligne droite : elle ressemble davantage à une danse faite de pas en avant, de pauses, parfois même de reculs.

En cultivant l’auto-compassion, on évite le piège de l’autocritique et on crée un climat intérieur favorable à la persévérance. La bienveillance devient alors un véritable levier : elle permet de transformer les moments de creux non pas en échecs, mais en étapes nécessaires du chemin.

La prochaine fois que vous sentirez votre motivation s’essouffler, rappelez-vous : vous n’avez pas besoin d’être parfait. Vous avez besoin d’être doux avec vous-même. C’est cette attitude qui vous permettra de retrouver l’élan, à votre rythme, et de continuer à avancer durablement.

Cet article me tenait particulièrement à cœur, car je sais par expérience à quel point la santé mentale peut rendre la motivation fragile et les objectifs difficiles à atteindre. Si vous traversez ces moments, souvenez-vous que vous n’êtes pas seul·e, et que la bienveillance envers soi est déjà une victoire en soi. ♡

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